CDF - Chrétiens Démocrates Francophones

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19.10.2005 I Article I A02/005
Pour une véritable liberté d'enseignement

Courrier de la Bourse : TRIBUNE LIBRE du 19 septembre 2002


Les résultats de l’enquête comparative de l’OCDE sur la qualité de l’enseignement, publiés il y a quelques mois, ont à peine fait l’objet de quelques articles dans la presse. Et pourtant, le classement très médiocre de l’enseignement de la Communauté française de notre pays aurait dû logiquement conduire à un débat en profondeur. Ces résultats sont par ailleurs très contrastés avec ceux de la Flandre qui, eux sont parmi les meilleurs de l’OCDE.

Comment en est-on arrivé là et que faire pour corriger le tir ?

Tout d’abord, il est important de souligner qu’il ne s’agit pas d’un problème de société. Nos compatriotes flamands vivent dans la même société que nous et caracolent néanmoins en tête du classement mondial. Il doit donc y avoir d’autres raisons.

Il faut trouver ces raisons dans un système d’enseignement qui, sans doute, n’a pas assez privilégié les notions d’effort soutenu, de discipline, de dépassement de soi. Dans une optique égalitariste, les politiques menées depuis vingt cinq ans ont davantage recherché la facilité au travers de l’enseignement rénové. N’est-il pas paradoxal que, contrairement à l’effet recherché, ce système pénalise les élèves de plus faible niveau, précisément ceux que le système est censé favoriser ?

Ces politiques ont, en outre, progressivement privé les institutions d’enseignement et les enseignants de leur autonomie et de leur liberté, en multipliant les directives et contraintes auxquelles les écoles sont soumises, sans disposer d’une réelle marge de manœuvre. Les équipes pédagogiques sont aujourd’hui prises dans un étau de règlementations complexes et de plus en plus lourdes qui leur ôte toute créativité. Dans ces conditions, leur motivation s’érode et le champ des initiatives pédagogiques se rétrécit toujours plus. Faut-il dès lors s’étonner que, bien que le taux d’encadrement des élèves de la Communauté française soit l’un des plus élevé en Europe, le rendant de ce fait l’un des plus coûteux, les enseignants se plaignent d’un manque de moyens ? La problématique de l’enseignement, au lieu d’être centrée sur le contenu et la méthode pédagogiques, est en effet trop souvent réduite au seul problème de son financement.

C’est pourquoi il convient d’aborder différemment la problématique de l’enseignement ? Une solution que l’on pourrait mettre en œuvre rapidement, qui n’exigerait aucuns moyens nouveaux et pourrait entraîner l’adhésion de la grande majorité des parents et des enseignants, serait de rendre la liberté pédagogique et éducative aux institutions d’enseignement, tant sur le plan du contenu que de la méthode. Un tel enseignement, libéré de ses contraintes artificielles, se limiterait surtout à fixer les exigences minimales en matière d’acquisition des savoirs qu’un contrôle extérieur , organisé le cas échéant par cycle, permettrait de vérifier.

Il est vraisemblable que beaucoup d’institutions choisiraient alors de privilégier les filières de formation générale plutôt que les formations à la carte du système actuel, permettant ainsi d’en réduire le coût et, par conséquent, de dégager des marges financières pour le financement d’initiatives pédagogiques nouvelles. Sur le plan du contenu on pense notamment aussi à un cours de philosophie dans les classes terminales mais sans l’instaurer pour autant au préjudice du cours de religion.

Les enseignants retrouveraient ainsi, dans le cadre d’une liberté retrouvée, la passion d’éduquer et d’enseigner. Les parents retrouveraient quant à eux une liberté de choix qui n’existe pas aujourd’hui dans les faits et les élèves bénéficieraient d’un enseignement adapté à leurs besoins et leurs capacités, tout en étant mieux préparés tant à l’accès au cycle supérieur qu’à la vie professionnelle.

Aujourd’hui, nous devons, pour le bien des enfants, nous ressaisir et substituer au système d’éducation trop dirigiste et trop normatif que nous connaissons, et dont les performances sont à l’évidence insuffisantes, un enseignement plus dynamique, plus ouvert et plus créatif.




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