CDF - Chrétiens Démocrates Francophones

ARTICLE


12.10.2002 I Article I A02/004
ENJEUX BIO-ETHIQUES : QUELS CHOIX ?

Les grandes questions qui se posent dans le domaine de la bio-éthique ne peuvent être abordées qu'à l'appui d'une confrontation entre des options philosophiques, par nature divergentes. Ce serait une erreur de croire qu'en la matière, il suffit de s'en remettre au bon sens des seuls experts scientifiques ou à la pensée dominante. Dans ce contexte, promouvoir une vision de l'homme fondée sur le respect intégral de sa dignité et de la vie est plus nécessaire que jamais.
Citons quelques exemples.

La xénotransplantation, c'est-à-dire la transplantation d'organes animaux sur le corps humain en remplacement d'organes malades, a déjà fait l'objet de certaines expériences et les grandes firmes pharmaceutiques investissent des montants considérables dans ce domaine de recherche. Mais la communauté scientifique n'est aujourd'hui pas en mesure d'évaluer les conséquences à long terme d'une telle fusion entre cellules humaines et cellules animales.
Ainsi, en Suède, a-t-on implanté des valvules de porc sur des patients atteints de maladies cardiaques pour constater, quelques années plus tard, et auprès de neuf d'entre eux, l'apparition d'une maladie d'origine animale jusqu'alors inconnue dans l'espèce humaine ! D'autres recherches, plus dangereuses encore, portent sur la greffe de cellules animales sur des embryons humains. Notre législation belge ne prévoit rien dans ces matières pour lesquelles il serait cependant urgent de fixer des limites. Même si la liste des organes de remplacement en attente est longue, un cadre légal, tant au plan juridique interne qu'européen et international, s'impose.
Autre exemple : la recherche sur les embryons humains et le clonage dit thérapeutique.


En avril 1997, le Conseil de l'Europe a adopté la Convention d'Oviedo sur la bio-médecine, dont le texte, rédigé par une quarantaine d'experts de différentes tendances philosophiques, préconisait l'interdiction de toute production d'embryons humains à des seules fins de recherche et d'expérimentation scientifiques. La Belgique n'a toujours pas ratifié cette Convention, et pour cause : des parlementaires de la majorité arc-en-ciel viennent d'en prendre le contre-pied en introduisant tout récemment une proposition de loi qui, précisément, autorise cette production.
Dans ce dernier cas, on peut craindre une manipulation de l'opinion publique. On invoque l'intérêt de ces recherches pour la guérison de maladies de dégénérescence, telle la maladie d'Alzheimer ou celle de Parkinson. Or, à ce jour, aucun indice ne permet d'espérer avec la moindre certitude la découverte d'un remède efficace dans cette voie. Par ailleurs, la production d'embryons dont la seule finalité est la recherche (puisqu'ils doivent être nécessairement détruits pour que celle-ci puisse se réaliser) pourrait être remplacé par une autre option de recherche portant sur les cellules adultes des personnes concernées. Ce dernier procédé exige certes des investissements importants mais présente l'avantage de ne soulever aucun problème de nature éthique.
D'autres domaines ouverts à la recherche scientifique posent les mêmes questions de choix et d'éthique, telle par exemple la recherche génique, ici encore à des fins thérapeutiques, où la concurrence commerciale entre grandes firmes pharmaceutiques européennes et américaines exerce une pression dont on risque de ne pas mesurer toutes les conséquences à moyen et long termes.
Ces exemples démontrent à suffisance que les développements scientifiques ne peuvent être livrés à eux-mêmes, ni au bon vouloir des seuls experts, ni à plus forte raison aux seuls impératifs économiques et commerciaux. Notre société doit se préoccuper d'urgence de fixer une ligne de conduite claire en la matière, axée sur la dignité de la personne humaine. Le danger est en effet la 'chosification' de la vie et du corps humain, dont le risque est associé au matérialisme ambiant, l'homme voulant s'ériger en maître absolu de son destin. C'est pourquoi, promouvoir une éthique de vie dans des questions de choix aussi sensibles est pour nous, Chrétiens Démocrates Francophones, une priorité pour les années et les générations à venir !

(c) CDF - 2002.