CDF - Chrétiens Démocrates Francophones

ARTICLE


05.10.2002 I Article I A02/003
Une nécessaire politique de centre droit

Le résultat des politiques menées depuis une quarantaine d’années est loin de correspondre aux objectifs que nous nous étions fixés : plein emploi, efficacité des mécanismes de protection sociale, qualité de l’enseignement, de la justice et du service public.

Notre pays souffre de maux endémiques que les politiques menées depuis plusieurs décennies ont aggravés au fil du temps: Un faible taux de croissance, un chômage structurel et un niveau de dépenses publiques et de fiscalité parmi les plus élevés du monde industrialisé, un système de retraites et d’assurance de soins de santé menacé, un enseignement dévalorisé, un pouvoir judiciaire anémié et une administration de qualité trop moyenne. En Wallonie, malgré le redressement de certains indicateurs, deux chiffres illustrent la gravité de la situation : le taux d’emploi n’est encore que de 53% de la population active et le PIB par habitant inférieur de 11% à la moyenne européenne.

Dans ce contexte, l’appel de Messieurs Di Rupo et Martou à la constitution d’un pôle des gauches (PS, Ecolo, cdH) avec tout l’éventail de ses vieilles recettes (Cotisation sociale généralisée, impôt sur le patrimoine et autres remèdes néo-keynesiens,…) procède d’une logique d’immobilisme et de conservatisme de gauche. Celui persiste dans son opposition manichéenne entre le social et l’économique. Or, on ferait bien de s’en rappeler, trop de social risque bien de tuer le social.

Endetté et affaibli, notre pays est mal préparé à affronter les chocs économiques considérables qui résulteront d’un vieillissement rapide de la population et d’une contraction de la population active au cours des deux prochaines décennies.

Il est urgent d’inverser la tendance en conduisant tout d’abord une politique-vérité présentant la situation telle qu’elle est et en la comparant à celle des pays les plus performants, en mettant en évidence les enjeux majeurs auxquels nous sommes confrontés, tels que la survie du système de retraites et des soins de santé, en reconnaissant la responsabilité des politiques qui nous ont conduits à la situation actuelle et en adoptant donc les mesures qui en prennent le contre-pied.
Ces mesures doivent se baser sur une conception de l’économie au service de l’homme, c’est-à-dire d’une économie dynamique offrant un travail à tous ceux qui le souhaitent et non celle d’une économie au fonctionnement hyper-règlementé, en liberté conditionnelle, ne pouvant offrir qu’un filet de sécurité de plus en plus fragile à un nombre croissant de personnes privées de leur participation aux activités de production par les effets pervers de politiques grippant les mécanismes économiques.
Nous devons avoir le courage de considérer notre économie, et l’Etat en particulier, comme une entreprise en difficulté risquant d’être durablement distancée par ses concurrentes si des mesures structurelles vigoureuses ne sont pas prises allant bien au-delà des quelques timides et insuffisantes mesures récemment mises en œuvre par une coalition gouvernementale bridée par sa composante de gauche. Mais il faut en avoir le courage et la volonté politique.
Ces réformes devraient graduellement rétablir l’ensemble des libertés économiques, systématiquement rabotées au cours des dernières décennies par un interventionnisme étatique tâtillon et une charge fiscale croissante.
C’est en se basant sur ces principes de liberté que le CDF entend proposer des solutions aux problèmes de société auxquels nous sommes confrontés en reconnaissant les dommages sociaux et économiques considérables provoqués par le poids d’un Etat omniprésent se substituant à l’exercice responsable des libertés individuelles. Elles devraient avoir pour objectif prioritaire d’augmenter le taux d’emploi, de créer un climat plus attractif pour l’investissement, notamment l’investissement étranger, et de réduire l’écrasante pression fiscale qui pèse sur le travail.
La mise en œuvre d’une telle politique ne peut se concevoir que dans le cadre d’une majorité de centre droit en 2003 et c’est pour celle-ci que les Wallons et les Bruxellois devraient activement se mobiliser. Ils doivent réaliser qu’il est en effet temps de choisir le changement en optant pour une véritable alternance à la domination socialiste qui sévit depuis 15 ans déjà. Toute alliance des forces politiques de gauche PS-Ecolo-cdH ne pourrait que neutraliser les efforts de redressement. L’illustration la plus évidente et pratiquement caricaturale en est l’émasculation des effets de la réduction de l’impôt des sociétés dont la proposition n’a a été acceptée par la composante de gauche de l’arc en ciel que pour autant qu’elle soit neutralisée à 100% dans ses effets par l’élargissement de la base imposable.
Le potentiel de notre pays et les enjeux sociaux de demain appellent un autre projet, une autre ambition et une autre coalition.

(c) CDF - 2005.