CDF - Chrétiens Démocrates Francophones

DISCOURS


30.11.2002 I Congrès fondateur I Namur I D02/001
Discours du Président du CDF lors du Congrès fondateur


                                   Discours de clôture par

                                Benoît VELDEKENS

        Président des Chrétiens Démocrates Francophones       
                  




Chers amis Chrétiens Démocrates Francophones, membres, sympathisants, …et vous tous, aujourd’hui cofondateurs du CDF


De tout cœur MERCI ! Car, par votre présence à ce Congrès , vous posez un acte de conviction et témoignez de votre enthousiasme.

Nous sommes en effet, et telle est bien notre spécificité – celle qui fonde nos espérances de réussite - le seul, l’unique parti qui se propose de défendre explicitement les couleurs chrétiennes dans le paysage politique wallon et bruxellois.

Oui, nous osons affirmer clairement et sereinement qui nous sommes, et
choisir ensemble la fidélité active à nos idéaux.
Des idéaux splendides que, sans exclusive et dans le respect des convictions de chacun, nous proposons aux croyants et aux non-croyants qui en partagent
librement le projet de société et l’expression politique.

Certains, dans le monde dit chrétien, s’interrogent sur notre initiative.
Mais, n’est-il pas temps qu’avec nous ils se réveillent, sans mettre leurs convictions sous le boisseau et sans louvoyer dans les méandres de ‘témoignages’ qui, à force de se vouloir discrets, finissent par devenir inaudibles ?
Pour oser croire ensemble que la vie nous est promise en abondance, et que telle est l’espérance qui peut changer le monde, nous changer nous-mêmes et changer le regard que nous portons sur tous nos engagements personnels, y compris l’engagement politique !
Pour oser dire ensemble que l’action publique ne se réduit pas à la seule horizontalité gestionnaire des préoccupations dans une société dont le niveau de vie a été multiplié par sept au cours des dernières décennies, mais qui dans le même temps, n’a jamais été aussi désorientée, dépressive et mortifère !

Une société qui perd le sens de la mesure et désarticule ses propres fondements.
                                                                                                                                                                                          


C’est pourquoi, la politique doit prendre le dessus !

La politique, mais surtout les idéaux qui l’inspirent.

Car à quoi bon vouloir ré-enchanter le monde si l’on désenchante nos engagements de vie au nom d’une modernité qui efface les racines et nous dilue dans un pluralisme dés-identifié ?
Cette modernité-là, celle qui abandonne l’essentiel à la pensée dominante, n’est pas la nôtre !


C’est pourquoi, notre parti se propose de rompre une brèche dans le conformisme ambiant.

C’est aussi pourquoi, notre parti, le CDF, se veut à la fois radicalement neuf et profondément enraciné. Enraciné dans nos mémoires, mais aussi dans notre histoire politique dont il prolonge un courant de pensée auquel nous devons tant !

Mais radicalement neuf, parce que nous ne voulons pas rééditer les formules antérieures qui ont démontré leur essoufflement et leur finitude. Et nous ne serons certainement pas leur résurgence !

Le parti auquel nous appartenions n’existe plus depuis le 18 mai dernier et, que l’on se rassure, nous ne cultivons aucune nostalgie de son étiquette, ni de ce qu’il était ou plutôt, de ce qu’il avait déjà cessé d’être.



Mais nos idéaux, eux, demeurent !

Et si le grain a dû périr, c’était sans doute pour mieux renaître.

Le CDF, avec C comme Chrétiens et non comme Centre, c’est notre avenir, c’est notre combat, et c’est déjà – avec ses 1300 membres adhérents et votre présence à tous ici - notre fierté !



Oui, notre projet est ambitieux, sans doute déraisonnable aux yeux de certains, mais il n’a pas fini de nous étonner.



Et s’il est ambitieux, c’est parce qu’il entend  restaurer la primauté absolue de la personne, le respect inconditionnel de la vie, le sens des responsabilités collectives et l’égale dignité de tous, à l’appui de l’intime convergence qui lie nos destinées terrestre et spirituelle.

Ce projet répond à une attente réelle, notre société en a besoin, elle qui n’hésite pas à proclamer de fausses libertés, à disqualifier et à désacraliser le mariage, à proposer la rupture de filiation dans le nom du père, à légaliser la consommation de drogues prétendument douces, et surtout – car ce seront des enjeux considérables pour demain - à engager la recherche dans la voie sans issue de la chosification, de l’instrumentalisation, voire de la commercialisation du corps humain en devenir.

Les progrès fulgurants des bio-sciences peuvent en effet se retourner contre l’espèce humaine s’ils ne sont pas balisés par le discernement.

Ils risquent alors d’exacerber le narcissisme de l’homme contemporain et de le conduire à s’ériger en maître absolu de son destin.



Chers amis, vous l’aurez compris, la  primauté de la personne est l’axe fondateur de toute notre philosophie politique.



C’est pourquoi, il se décline tout naturellement dans les priorités familiales et éducatives. Dans ce contexte, nous étudierons diverses propositions : celle notamment d’une allocation éducation-formation qui valorise le travail de celui des parents qui se consacre, pour l’essentiel, à l’éducation des enfants. Nous réfléchirons aussi à la protection des patrimoines familiaux et, sous réserve d’une analyse budgétaire crédible, au principe même de la suppression des droits de succession.



Nous voulons un système éducatif plus autonome, plus créatif, plus responsable et surtout plus performant dans la transmission des savoirs. Plus respectueux aussi de l’égalité entre réseaux, inscrite dans notre Constitution. Le véritable enjeu sera, pour nous, celui de la qualité de l’enseignement, et de son efficience en termes de corrélation entre les moyens publics qu’il absorbe – et qui sont proportionnellement les plus élevés d’Europe – et d’autre part les résultats qu’il génère.



Mais le CDF, c’est aussi une vision de l’économie et de la solidarité.

Revaloriser l’action d’entreprendre et innover, résorber les taux d’inactivité et d’emploi pour rendre au plus grand nombre la dignité par le travail, en actionnant le levier fédéral de la baisse linéaire des charges fiscales et parafiscales, voilà ce que nous voulons pour la Wallonie et pour Bruxelles. Il y a des rééquilibrages nécessaires, des retards à rattraper plus vigoureusement !

Oui, nous affirmons notre credo dans l’économie de marché. Pour moins d’emprise étatique et une moindre pénalisation de ceux qui entreprennent et en assument le risque ! Mais sans oublier que l’économie doit aussi  rester au service de l’homme !



De leur côté, les politiques de solidarité doivent être garanties dans leurs fondements et sécurisées dans une perspective de long terme. Dans les décennies à venir, le déficit des systèmes de retraites et de santé pourraient en effet générer des conséquences bien plus lourdes que celles produites par les politiques d’endettement des années 70 et début 80.. Nous y accorderons une attention prioritaire dans notre programme de 2003.

Par ailleurs, toute politique de solidarité doit se ménager des espaces de liberté et encourager les associations nées de l’initiative privée dans tous les services à la collectivité où elles se révèlent plus efficaces que les pouvoirs publics eux-mêmes.

C’est ce que nous appelons la subsidiarité, encore récemment mise à mal par le relèvement des taux d’imposition sur les legs aux asbl.



Quant à notre vision de l’Etat, elle s’articule sur les principes d’indépendance, d’objectivité et d’efficience.

Dans la fonction publique, dans le service d’une Justice à moderniser de toute urgence, et surtout dans le domaine de la sécurité des citoyens.

Nous sommes partisans d’un fédéralisme de coopération entre flamands, germanophones et francophones, dans le respect de l’identité culturelle et linguistique de chacun. A ceux qui veulent, par à-coups, démanteler notre Etat fédéral, et le commuer progressivement en un Etat confédéral, nous répondons qu’il est peut-être temps de savoir, une fois pour toutes, ce que veulent vraiment les uns et les autres, et davantage encore, ce qu’en pense la population elle-même. Et nous préconisons à cet effet l’organisation d’une large consultation populaire.

Dans ce contexte, nous marquons aussi notre attachement à une monarchie constitutionnelle qui, outre qu’elle est garante de notre cohésion, a l’immense mérite de donner à notre Etat un visage humain.



Enfin l’Europe est notre avenir. Nous la voulons plus fédérale, plus respectueuse de ses racines chrétiennes, plus présente dans le monde, moins technocratique, plus citoyenne.

Nous participerons aussi à toute initiative qui renforcera les liens entre partis chrétiens démocrates d’Europe ainsi qu’à la constitution d’une véritable internationale chrétienne démocrate, avec une attention toute particulière pour l’Afrique.



Telles sont, Mesdames et Messieurs, chers amis du CDF, les grandes orientations sur lesquelles nous avons déjà commencé à travailler ce matin, et que nous approfondirons dans les groupes de travail qui se sont constitués en vue d’élaborer le programme que nous présenterons lors de notre deuxième Congrès, lequel aura lieu à la fin février 2003.



Ces orientations tracent notre ligne politique. Une ligne politique que nous voulons claire ! - Notre positionnement stratégique est, lui aussi, dépourvu d’ambiguïtés. Ce que nous voulons construire, c’est une alternative démocratique crédible au pôle de la gauche, sans par ailleurs nous réfugier dans le non-choix de l’hyper-centre, mais dans le respect aussi de notre autonomie et de ce qui fait notre spécificité.



Pour servir notre pays et nos idéaux !



La création du CDF est un geste fort dont nous mesurons toute la responsabilité. Réaffirmer notre identité chrétienne, c’est aussi nous engager personnellement à l’honorer dans nos comportements publics, tout comme dans le fonctionnement du parti :

….par l’égal et profond respect de chacun, qu’il soit membre ou mandataire, par le rejet des arrogances du pouvoir, par la crédibilité de nos propositions, par le choix de la vérité dans un monde où, trop souvent, de semi-vérités se font l’écho de semi-mensonges, mais aussi par l’honnêteté, par la fidélité à notre conscience et sa préséance sur les intérêts de carrière, par l’esprit d’ouverture et d’accueil de tous ceux qui ne partagent pas nos convictions, par le refus des critiques stériles de nos adversaires ou concurrents, par le courage !



Oui, nous vivons une extraordinaire aventure depuis six mois !

Et je n’en finirais pas de remercier tous ceux qui se sont mis spontanément au service du CDF, le parti de toutes les bonnes volontés, des aides providentielles, du don de soi… ,un parti qui attire beaucoup de jeunes, un parti qui n’est porté que par nos seules convictions !

En cela, nous tranchons dans le paysage politique, car c’est précisément notre faiblesse qui fait notre force !



Oui, nous irons jusqu’au bout de nos efforts et de nos idéaux, sans brûler les étapes, mais avec un dynamisme soutenu.



Osons la démocratie, et déverrouillons-la !

Osons le respect, la mémoire de nos racines,

et l’affirmation claire de notre identité !

Osons le risque et l’entreprise, la liberté et la responsabilité !

Osons le fédéralisme d’union et de coopération solidaire !

Osons notre éthique et notre idéal d’inspiration chrétienne !

Osons le courage de nos convictions !

Osons choisir !



Et que vive le pays que nous aimons et qui nous a vu naître, ou qui nous accueille ! Et que vive l’Europe que nous voulons construire !



Mesdames et Messieurs, chers amis, promettons tous ensemble

LONGUE  VIE  AU  CDF !.

CDF - 2002.