CDF - Chrétiens Démocrates Francophones

COMMUNIQUE


14.06.2005 I Bruxelles I C05/010
L'image de la Belgique et les frasques de Karel De Gucht


Je me rappelle d'un temps, pas si lointain, où une nouvelle équipe gouvernementale arriva au pouvoir. Il fallait redorer le blason, restaurer l'image de la Belgique.

C'était un leitmotiv, répété à l'envi comme un slogan publicitaire.

Voilà qui contraste singulièrement avec les frasques notre ministre actuel des affaires étrangères, successeur d’un Louis Michel qui ne s’était déjà pas particulièrement distingué.

Rappelons la dernière en date.

Dans une interview donnée au journal 'Het Laatste Nieuws', Karel de Gucht décrit le premier ministre néerlandais comme "un mélange entre Harry Potter et un petit bourgeois coincé" ou encore comme un homme "qui ne possède pas une once de charisme"

Interrogé par les médias néerlandais, le ministre et son cabinet répondent que ces propos ont été donnés dans le cadre d'une interview non autorisée et que la portée réelle de ceux-ci était de décrire la manière dont Balkenende est décrit dans les médias.

Pas de chance pour Karel De Gucht, l'interview était enregistrée.

La chaîne télévisée hollandaise NOS, à qui un vent favorable apporte copie de la bande magnétique, précise que les propos du Ministre belge ont été reproduits littéralement et que l'interview était bel et bien autorisée…

Cet incident grave s'inscrit dans une longue suite de gaffes diplomatiques (rappelons notamment les propos peu amènes tenus sur les autorités congolaises) qui ridiculisent le chef de la diplomatie belge.

Ceci ne reste pas sans conséquences.

L'effet sur l'opinion publique des pays étrangers est déplorable.

Elle l'est d'autant plus qu'elle intervient, en ce qui concerne nos voisins du Nord, dans le climat suscité par le non néerlandais au Traité constitutionnel européen. En outre, elle ne pouvait tomber plus mal, dans un contexte de négociations difficiles entre notre pays et les Pays-Bas qui visent à obtenir des concessions pour ouvrir les accès du port d'Anvers !

L'effet sur l'administration n'est pas non plus négligeable. Quelle crédibilité ce ministre peut-il encore posséder vis-à-vis de sa propre administration, à savoir le personnel diplomatique belge ?

L'effet sur la vie économique est aussi immense. Je lisais dans une des dernières éditions de l'Echo que nos dirigeants économiques en ont assez de devoir payer les pots cassés. Je me mets en effet dans la peau d'un investisseur belge qui arrive à Kinshasa le lendemain des déclarations insultantes de son propre ministre des affaires étrangères. Je m'imagine bien qu'il sera reçu plutôt fraîchement...

La simple décence n'impose-t-elle pas à ce gaffeur de quitter son poste ?

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