CDF - Chrétiens Démocrates Francophones

COMMUNIQUE


31.01.2005 I Conseil politique I Bruxelles I C003/05
Scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde

Cette question sera soumise à une conférence inter-ministérielle.

Non inscrite dans l'accord de gouvernement, elle a fait l'objet de plusieurs propositions de loi émanant des partis flamands. Mais le gouvernement, de composition paritaire N/F, a repris à son compte l'initiative de trancher la question. A ce jour, les partis francophones ont répété à l'envi qu'ils n'étaient pas demandeurs d'une telle discussion.

Le CDF regrette la pression flamande en faveur de nouvelles avancées institutionnelles. En particulier lorsqu'il s'agit de scinder l'arrondissement de BHV qui reste un des derniers liens unissant de manière tangible francophones et flamands au sein d'un Etat qui se prétend toujours fédéral, mais dont l'évolution penche de plus en plus vers le confédéralisme, voire vers un séparatisme pur et simple.

Or, une telle évolution pourrait être empêchée si, dans les milieux et les partis flamands, s'élevaient des voix discordantes que, malheureusement on n'entend jamais !

Le Cdf est partisan d'un élargissement de la Région bruxelloise qui correspondrait mieux aux réalités non seulement linguistiques, mais aussi sinon surtout économiques. Pour le CDF, la scission de l'arrondissement aurait pour effet de figer les actuelles limites entre Régions et de les transformer en véritables 'frontières d'Etat'. C'est précisement la justification que nous donnons au nécessaire élargissement de la région centrale et capitale du pays, au moins aux six communes a facilites de la périphérie bruxelloise. Il faut en effet mettre en face à face et sur pied d'égalité ces deux revendications, et non céder à l'avance aux ukases flamands. Le CDf déplore le manque d'unité entre les partis francophones et le rôle ambigu du PS a cet égard. Au lieu de se souder entre eux autour d'une revendication commune sur élargissement de la Région bruxelloise, les partis francophones n'ont en effet défini aucune revendication autre que celle, intenable, de refuser la discussion (et la-dessus, ils ont déjà cédé, puisque le gouvernement s'est empare de la question !).

En clair, en se présentant en ordre disperse et en se cantonnant sur la seule défensive, les partis francophones sont déjà, a ce stade et avant même que débutent les discussions, en position de faiblesse et de capitulation virtuelle. Ne voulant pas pousser leurs exigences trop loin, a l'inverse de leurs homologues flamands, ils finiront par accepter de nouvelles solutions bancales et indigestes (type Pacte d'Egmont), sans pouvoir empêcher ce qui devient un véritable apartheid linguistique, avec tous les germes de discriminations qui ne pourront aller qu'en s'aggravant. (En témoignent, par exemple, les récentes discriminations pour l'accès aux logements sociaux dans certaines communes flamandes, que nous déplorons et condamnons fermement).

Le CDF rappelle qu'il est partisan du fédéralisme de coopération, respectueux de l'identité de chacun, et, en même temps, de la nécessaire unité et de l'indispensable solidarité interpersonnelle entre flamands, wallons et bruxellois, sans lesquels un tel fédéralisme serait vide de toute signification concrète. C'est aussi dans cette optique que le CDF estime urgent le redressement de l'économie wallonne, afin de rendre les contributions a la solidarité Nord-Sud au sein de notre pays plus égales et comparables entre elles. Relever le défi du fédéralisme d'union et de coopération (dans tous les domaines) chez nous, en Belgique, est un enjeu essentiel au coeur de l'Europe a construire. Mais la réussite d'un tel objectif restera hors de portée tant que les partis démocratiques flamands continueront de s'aligner implicitement sur les positions les plus outrancières du Vlaams Belang, dont les ressorts nationalistes, séparatistes, racistes et sectaires ne sont plus un mystère pour personne.

Une Flandre animée de tels ressorts et repliée sur elle-même n'aurait, par ailleurs, aucun avenir ni aucun rayonnement dans sa culture et ses idées.

Le CDF conjure les négociateurs francophones de s'unir pour ne pas céder aux exigences flamandes sur la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde, si ce n'est en contrepartie de élargissement de la Région bruxelloise. Une consolidation de celle-ci, notamment par élargissement de son territoire, serait en effet un gage important dans la réussite du fédéralisme d'union et de coopération.

Par ailleurs, et de manière plus générale, le CDF estime que toute nouvelle modification institutionnelle devrait faire l'objet d'une consultation populaire. Il appartient en effet aux citoyens encore belges de se prononcer sur l'avenir de leur pays et sur le modèle, fédéral ou conféderal, dans lequel ils souhaitent vivre.

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