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PROJET POLITIQUE
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| CE QUE NOUS CROYONS... |
Projet politique des Chrétiens Démocrates Fédéraux
Le présent document définit les lignes de force de la pensée politique du CDF, sur lesquelles sarticuleront ses orientations programmatiques et ses choix politiques. Il sera soumis, après consultation, à lapprobation du Congrès fondateur du parti.
Par ailleurs, la pensée du CDF se veut ouverte, évolutive et dynamique. Cest pourquoi le présent projet politique est destiné à senrichir de diverses contributions ultérieures.
A laube du troisième millénaire, de multiples signes indiquent que lhumanité entre dans une ère nouvelle. Face aux défis qui se posent à notre temps, il nous faut inventer de nouvelles voies de réponse. Le CDF veut poser un regard neuf sur la gestion de la chose publique et lui insuffler des orientations et des pratiques nouvelles. Après avoir milité de nombreuses années pour la défense des convictions auxquelles nous croyons et que certains estiment aujourdhui dépassées au nom de la modernité, deux possibilités soffraient à nous : soit renier ce que nous avions défendu pour suivre la mode, soit au contraire nous interroger sur notre idéal politique dinspiration chrétienne et la façon de le transmettre en réaffirmant de façon renouvelée nos choix politiques.
Cest ainsi que nous avons décidé de créer le CDF (Chrétiens Démocrates Fédéraux).
Le CDF est :
> Un parti chrétien : car il fonde son action politique sur les valeurs du christianisme et les principes de la doctrine sociale chrétienne. Ces valeurs et ces principes, inscrits dans les racines de notre culture européenne, forment un patrimoine commun aux croyants et aux non-croyants. Tous ceux qui partagent lidéal de paix et de fraternité humaine que résume le sigle « chrétien » trouveront donc leur place au CDF. Nous ne confondons pas les sphères religieuses et politiques, qui se déploient dans des registres différents. Mais notre vision du bien commun a besoin dun courant inspirateur pour éclairer notre regard sur le monde, nourrir nos réflexions et faire grandir notre espérance.
Notre projet politique se veut attentif à tous les hommes et aussi à tout lhomme, y compris dans sa composante spirituelle. En effet, de nombreux défis se développent dans les sphères culturelle, morale, éducative, économique ou politique pour lesquels la prise en compte des valeurs chrétiennes est précieuse pour guider la recherche de solutions.
> Un parti démocrate : car notre projet politique est fondé sur la reconnaissance de légale dignité de tous les êtres humains. Les droits de chacun sont indépendants de sa naissance, de sa condition, de sa race, de son sexe, de ses convictions,
: le seul fait dêtre un homme lemporte sur toute distinction entre les hommes. Le CDF estime que chacun mérite une attention particulière, à commencer par les plus faibles.
Un parti démocrate défend aussi le pluralisme des convictions au sein de notre société. Un tel objectif ne peut être atteint que si chaque personne est pleinement reconnue dans son identité et dans sa différence et peut sexprimer selon ce quelle est. Si tel nest pas le cas, si sous prétexte douverture ou de tolérance on interdit lexpression des convictions particulières, alors le pluralisme ne désigne quune forme de pensée unique, car ce nest jamais par la négation des identités que lon promeut le respect des différences.
Enfin le CDF, comme parti démocrate, entend être réellement au service de tous les citoyens et assurer un vrai droit de parole à chacun de ses membres.
> Un parti francophone : parce que de Liège à Tournai, dArlon à Bruxelles et sa périphérie, nous avons en commun la langue française. Pour le CDF, cette culture commune doit devenir un facteur de convergence entre Wallons et Bruxellois. Le CDF sinscrit résolument dans un fédéralisme dunion dans lequel la cohabitation entre les communautés francophone, néerlandophone et germanophone doit se développer dans le respect de leurs identités et la volonté de promouvoir lappartenance à un même pays.
1. La primauté de la personne
Dans une optique personnaliste chrétienne, ce qui compte le plus pour nous, cest la personne, sa dignité, son épanouissement libre. Cest en ce sens que doit être comprise la recherche du bien commun, finalité de laction politique.
La dignité de la personne implique tout dabord de miser sur la vie, depuis la conception jusquà la mort naturelle, ainsi que de refuser toute chosification ou instrumentalisation de lêtre humain.
La primauté de la personne implique aussi légalité de tous et donc le refus de toute exclusion sociale grâce au développement de mécanismes de justice sociale dans un esprit de solidarité et de partage. Légalité des chances implique que chacun puisse accéder au marché de lemploi, bénéficier dune formation, trouver un toit, avoir accès aux soins de santé et terminer sa vie dans de bonnes conditions.
La primauté de la personne implique également la liberté de pouvoir déterminer ses options philosophiques, le type denseignement que lon choisit, la possibilité de développer un réseau associatif à vocation sociale ou culturelle. La liberté, cest aussi la possibilité dinnover et dentreprendre : linitiative privée est lélément majeur permettant de créer de lemploi et de contribuer au bien être de chacun.
Légalité et la liberté ne peuvent néanmoins se développer lune sans lautre ou se comprendre sans responsabilité. En effet, lêtre humain ne peut se réaliser que dans une communauté humaine. Pour respecter à la fois la liberté dinitiative et la responsabilité au sein de cette communauté humaine, nous voulons promouvoir le principe de subsidiarité. Celui-ci garantit que les niveaux de responsabilité et dautorité soient situés le plus près possible du citoyen et privilégient linitiative privée partout où elle se révèle plus efficace que lintervention des pouvoirs publics.
2. La famille
La famille, fondée sur lengagement de fidélité dun homme et dune femme, constitue le socle de la société. Tout doit donc être mis en uvre pour revaloriser le mariage et les responsabilités parentales, en donnant aux parents la possibilité de consacrer à la famille le temps et lénergie quelle requiert et quils souhaitent y consacrer. Cela suppose le développement dune politique familiale, indépendante et complémentaire aux mécanismes classiques de solidarité.
Une telle politique familiale suppose notamment :
- De donner les moyens aux parents daccueillir et déduquer leurs enfants dans les meilleures conditions ;
- doffrir à chaque jeune la possibilité de recevoir la formation et léducation nécessaires au développement de ses talents ;
- de prévenir activement les situations de détresse familiale.
3. Léducation et lenseignement
Immédiatement après la famille, la valeur dune société repose sur la qualité de léducation et de lenseignement quelle dispense. Il est donc urgent de revaloriser le rôle de lécole et de préciser ses missions. Afin daccroître la qualité de notre enseignement, nous défendons les principes suivants :
- les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants ; ils délèguent la mission dinstruction aux écoles quils doivent pouvoir organiser et choisir librement ;
- les écoles sorganisent en établissant elles-mêmes leurs projets pédagogiques et reçoivent à cet effet la totalité des subventions accordées pour chaque enfant ;
- lautonomie et la cohésion des équipes pédagogiques doivent être garanties par lélargissement de la liberté dembauche des pouvoirs organisateurs ;
- cette liberté dorganisation doit avoir pour corollaire :
. le respect des programmes décidés par la Communauté ;
. le respect des exigences légales concernant la formation des enseignants ;
. lobligation daccueillir tout étudiant désireux de sinscrire dans le projet pédagogique de lécole ;
- grâce à lapplication stricte du principe dégalité, les parents pourront déterminer librement lécole de leur choix ;
- le principe de gratuité garantit pour chaque enfant une liberté de choix identique, sans exclure que des établissements confrontés à des difficultés particulières puissent bénéficier dune aide supplémentaire.
4. Le monde du travail et de léconomie
Lêtre humain ne peut sépanouir que dans un tissu de relations qui interpellent sa responsabilité : il est acteur et non spectateur de sa destinée personnelle et de lévolution de la société. Au-delà de ses engagements familiaux, chacun sengage également dans la société à travers ses activités professionnelles.
Le monde du travail est essentiellement régulé par les mécanismes du marché. Léconomie de marché, qui ne constitue quun mécanisme de production de biens et services, ne signifie nullement que les valeurs matérielles priment sur dautres valeurs. Bien au contraire, le marché ne peut fonctionner dans le long terme sans un environnement de valeurs privilégiant lhonnêteté et lintégrité dans les rapports sociaux. Lactivité économique na par ailleurs de sens que si elle est portée par une éthique, une conscience et lidéal du bien commun.
Ainsi, un de nos objectifs majeurs est de contribuer à la réduction de la pauvreté et au progrès de lhumanité, tant chez nous que dans le monde. Le marché est le moyen privilégié dy parvenir : en créant de lemploi, en procurant un bien-être maximum, en générant les ressources nécessaires au soutien de ceux qui en ont besoin. Dans cette optique, le rôle de lÉtat consiste essentiellement à définir et préserver le cadre dans lequel se développent les initiatives privées.
Par ailleurs, le travail ne se limite pas aux activités professionnelles rémunérées : il désigne, plus largement, toute activité humaine par laquelle lhomme sépanouit et apporte sa contribution au développement de la société.
Il convient donc dinclure dans le travail non seulement les secteurs dits marchands et non marchands qui désignent des activités rémunérées, mais encore un grand nombre dactivités non rémunérées comme par exemple léducation des enfants, les mouvements de jeunesse, laide aux personnes âgées, le soutien aux personnes en difficultés, ainsi que bien dautres engagements bénévoles qui nen sont pas moins essentiels à la prospérité de la société. Nous considérons que ces activités non lucratives doivent être revalorisées, en raison de leur apport réel à la société.
Enfin, le monde du travail doit aussi intégrer les exigences liées à la qualité de la vie et de lenvironnement. Le CDF sengage à cet égard à promouvoir une écologie fondée sur les impératifs de développement dune humanité libre et responsable.
5. Le rôle de lÉtat
La première mission de lÉtat consiste à assurer la paix civile et sociale, à garantir la sécurité des personnes et des biens, ainsi que le respect des libertés constitutionnelles et de la règle de droit par une justice et une police efficaces.
LÉtat doit aussi garantir les conditions de justice économique et sociale nécessaires au fonctionnement dun marché équitable. Il doit donc veiller à garantir le respect des règles de concurrence et de transparence ainsi que la prise en compte, par le marché, des exigences de la justice sociale et de la solidarité. Il doit donc garantir la protection des plus faibles et, au besoin, assurer lui-même le soutien des plus démunis.
Enfin, il appartient à lÉtat de remplir subsidiairement les missions de service public que linitiative privée ne peut assurer efficacement. Dans cet esprit, toutes formes de partenariat privé-public doivent être encouragées, en vue de démultiplier les services rendus à la collectivité.
Dans laccomplissement de ces différentes missions, comme dans la gestion des deniers publics, lÉtat doit rechercher lefficience maximale afin de favoriser le plus possible la prospérité liée à la rentabilité des activités économiques.
6. La Belgique au cur de lEurope et du monde.
Au-delà de la famille et des divers engagements professionnels et associatifs, nous participons aussi à la construction dune communauté plus large : celle de la Belgique au cur de lEurope.
Conscient du désir dun grand nombre de citoyens de revaloriser la notion de civisme, le CDF souhaite mettre en exergue ce qui unit les Belges plutôt que ce qui les divise. Cest la raison pour laquelle, nous défendrons avec détermination la Belgique en tant quEtat fédéral et la monarchie comme garante de lunité nationale.
Loin de considérer cet attachement à notre pays comme un repli sur soi, nous y voyons au contraire le gage dune intégration européenne harmonieuse. En effet, cest en respectant nos identités culturelles que nous apprendrons à respecter naturellement les autres cultures. Pour le CDF, le pluralisme ne consiste pas à nier les identités, mais au contraire à promouvoir un authentique respect des différences. En ce sens, nous considérons que ceux qui se revendiquent de leur identité pour justifier la disparition de la Belgique vont à lencontre de la construction européenne riche de laddition des différences. Cette construction européenne, le CDF la souhaite plus démocratique, plus transparente et plus efficace, fondée sur le principe de subsidiarité qui suppose le maintien des instances intermédiaires comme relais privilégié des citoyens.
Plus largement, le CDF entend aussi aborder les problèmes liés à la mondialisation et aux migrations quelle engendre. A cet égard, nous estimons que migration et coopération sont intimement liées. Seule une action volontariste en matière de coopération permettra de faire évoluer de façon satisfaisante les rapports Nord-Sud et de répondre au défi que représentent linsécurité politique et matérielle qui conduit à lémigration. Sans rejeter laccueil dune population précarisée qui vit chez nous et qui na souvent eu dautre solution que de venir chercher refuge dans nos pays, il importe donc de tout mettre en oeuvre pour améliorer les conditions de vie dans les pays dorigine. Cest pourquoi le CDF souhaite que les institutions internationales concentrent leurs efforts sur les défis que constituent le maintien de la paix et le développement durable de toutes les nations.
7. La responsabilité citoyenne
Le CDF ne soutiendra ni un monde à deux vitesses, ni une citoyenneté bradée. Cest pourquoi, nous estimons que tous ceux qui résident dans notre pays et qui souhaitent participer aux élections, comme électeurs ou comme candidats, doivent manifester leur adhésion aux droits et aux devoirs attachés à la citoyenneté par lacquisition de la nationalité belge.
Par ailleurs, il importe de renforcer les liens de responsabilité mutuelle entre les citoyens et lÉtat, ainsi que des citoyens entre eux. Léthique de la responsabilité signifie que chacun est à la fois sujet de droit et de devoirs à légard de la collectivité. Cest pourquoi les exigences de la solidarité nationale et internationale supposent en contrepartie lengagement de chacun pour le bien de tous.
Enfin, en vue dassumer les exigences politiques dun engagement fondé sur les valeurs quil défend, le CDF entend mener son action au sein des différentes instances représentatives en respectant les principes éthiques suivants :
- Concevoir laction politique comme un service ;
- Informer, dire la vérité, respecter lélecteur en toutes circonstances ;
- Être fidèle aux valeurs défendues et tenir nos engagements ;
- Proposer comme objectifs que ce qui est réaliste et maîtrisable ;
- Défendre nos valeurs dans le respect de nos adversaires.
Pour réaliser ce programme, les mandataires du CDF sengagent à :
- Exercer leur mandat dans le respect des principes et du projet politique du parti ;
- Exécuter correctement leur mandat et faire rapport de leur travail, au moins une fois par an, devant les membres du parti ;
- Renoncer au cumul de fonctions à des niveaux de pouvoirs où le mandataire serait à la fois contrôleur et contrôlé, juge et partie.
Cest pour assumer nos responsabilités de citoyens engagés que nous avons osé lancer notre nouveau parti, le CDF. Avec vous, nous voulons construire une société digne de la personne humaine, une vraie culture de liberté.
Siège du CDF : Rue Fernand Mélard , 11 - 1200 Bruxelles
tél : 0494 39 20 21 - Fax : 02 654 16 86 - Compte BBL : 310-1590666-49
email : pa.demaere@belgacom.net - Site INTERNET : www.cdf-info.be
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