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Opinions > SANTE

SANTE

(Extrait du programme du 18 mai 2003)

Oser s'engager pour la santé de tous


L’accès à des soins de santé de qualité doit être un droit pour tous. Mais l’augmentation constante de la demande en soins de santé, essentiellement due au vieillissement de la population, entraîne un accroissement des coûts de la santé plus rapide que celui de la richesse du pays, mesurée par le PIB. Cette situation nécessite d’incessants ajustements budgétaires, dont la charge est de plus en plus souvent supportée par les patients et les professionnels de la santé.

Ces ajustements et soubresauts continuels conduisent progressivement au
développement d’une médecine administrative qui prend le pas sur une médecine à visage humain. Les effets de cette évolution pour les patients sont notamment :

§ une baisse de la qualité des soins liée à l’inflation administrative ;
§ une augmentation des coûts qui met en péril l’accès à la santé pour tous ;
§ un manque de coordination autour du patient, dépossédé de son devenir et réduit à l’état d’objet et non de sujet de soin.

Pour les professionnels de la santé, les effets de cette évolution sont :

§ la démotivation généralisée dans les professions de la santé ;
§ le découragement de l’investissement personnel ;
§ la dévalorisation des professions de la santé liée à la sous-estimation des compétences scientifiques et humaines des praticiens ;
§ l’encouragement à la surconsommation / surprescription d’actes techniques dans le but de maintenir une rémunération ou une rentabilité suffisantes ;
§ le frein aux approches multidisciplinaires ;
§ la surcharge administrative imposée aux professionnels de la santé.

Pour éviter ces effets négatifs, pour promouvoir une médecine à visage humain au service de tous et garantir un accès égal à des soins de santé de qualité, il faut assurer un équilibre à long terme entre la croissance des besoins médicaux et leur financement.

Pour cela, le CDF estime qu’une réforme en profondeur du système des soins de santé est nécessaire et veut :

40. Garantir au patient le libre choix en matière de soins de santé, y compris pour ceux qui émargent au CPAS.

41. Revaloriser la médecine de première ligne et le rôle du médecin de famille comme pivot de la dispense des soins et de la prescription médicale.

42. Adapter la formation médicale à cette responsabilisation nécessaire de la première ligne.

43. Encourager les soins à domicile (infirmiers, kinés, assistants sociaux, bénévoles, famille,…) et soutenir l’adaptation structurelle du domicile en substitution au placement et sous la coordination du médecin traitant.

44. Utiliser les « profils » non pour le contrôle et la sanction des prescripteurs mais comme élément de comparaison, d’analyse et d’identification de pistes d’amélioration au sein des GLEM (Groupement locaux d’échanges médicaux).

45. Responsabiliser les différents acteurs de la filière des soins de santé par une concertation multidisciplinaire accrue.

46. Distinguer et revaloriser l’acte intellectuel par rapport à l’acte technique, sur base d’une nouvelle nomenclature.

47. Permettre à la kinésithérapie de remplir le rôle préventif et curatif qui est le sien, en remplaçant la réforme de la nomenclature basée sur la définition de catégories de pathologies, par une nouvelle nomenclature régulièrement mise à jour basée sur les actes de kinésithérapie.

48. Financer le matériel médico-technique lourd sur base des coûts fixes plutôt que des coûts variables.

49. Assurer une meilleure séparation des rôles et prérogatives entre les pouvoirs politiques et le gestionnaire des établissements de soins, premier acteur de l’optimisation des soins hospitaliers.

50. Accroître la liberté d’organisation et l’autonomie de gestion des institutions de soins en vue de mieux répondre aux besoins réels des bénéficiaires et de permettre les innovations.

51. Renforcer le rôle de l’Europe pour le contrôle des prix des médicaments.

52. Transférer aux mutuelles, avec responsabilisation financière, la gestion du système d’assurance des soins de santé géré actuellement par l’INAMI, celui-ci conservant son rôle de garant d’une couverture médicale pour tous.

53. Affecter une partie de l’économie résultant de cette réorganisation à l’augmentation de l’enveloppe disponible pour les soins.

54. Exiger un engagement des établissements de soins et des acteurs dans la « démarche qualité ».


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