(Extrait du programme du 10 juin 2007)
S'engager pour léducation et la culture
3. Osons nous ENGAGER POUR un enseignement de qualité
Comme l’ont rappelé à plusieurs reprises les associations de parents de l’ensemble du pays, la situation de notre enseignement est très préoccupante et bien plus aujourd’hui, qu’il y a quatre ans. Pour rappel, l’enquête «Pisa 2000» réalisée par l’OCDE a révélé que l’enseignement de la Communauté française cumule le double écueil d’être à la fois un des plus chers des pays industrialisés tout en étant à la traîne de ceux-ci en terme de résultats ou du nombre d’échecs.
Pour le CDF, les difficultés de l’école ne sont pas seulement financières mais relèvent aussi des conceptions pédagogiques et de la philosophie de l’éducation qui animent l’école depuis une trentaine d’années. A cet égard, il faut bien constater que le passage à l’enseignement rénové et la mise en œuvre des multiples réformes qui ont secoué l’école ne parviennent pas à tenir leurs promesses. En particulier, l’inégalité d’accès à l’enseignement supérieur et la disparité des taux de réussite en fonction de l’origine socioculturelle sont plus fortes aujourd’hui qu’il y a trente ans.
Pour le CDF, la solution ne consiste pas à proposer une réforme de plus qui s’ajouterait à toutes celles qui ont déjà été réalisées, mais plutôt à rendre davantage de liberté aux écoles et aux Pouvoirs Organisateurs. Car l’éducation et la pédagogie requièrent beaucoup de souplesse et une grande capacité d’adaptation. Nous voulons donc que l’administration scolaire fasse davantage confiance aux enseignants et aussi aux parents qui sont les premiers éducateurs de leurs enfants.
Plutôt que de diriger l’école par le haut, en misant sur les « gourous de la pédagogie » dénoncés par les syndicats de l’enseignement, le CDF souhaite au contraire miser d’abord sur les enseignants – qui sont sur le terrain –, en partenariat avec les parents, en rendant aux écoles et aux Pouvoirs Organisateurs la liberté, l’autonomie et l’autorité que la loi leur garantit mais qui sont de moins en moins assurées dans les faits.
Dès lors, afin de rétablir un enseignement de qualité pour tous, qui revalorise l’autorité des parents et des enseignants, le CDF veut:
20. Recentrer l’école sur sa mission première d’instruction en favorisant la diversité des méthodes pédagogiques afin de mieux répondre aux besoins des élèves. Si l’école est aussi un lieu d’éducation, elle doit remplir ce rôle en complément de l’éducation donnée par les parents et les autres acteurs éducatifs. En aucun cas, on doit faire porter à l’école l’entière responsabilité de l’éducation. Non seulement ce n’est pas son rôle, mais de plus il y aurait-là un réel danger d’une manipulation possible au niveau idéologique.
21. Remédier à l’éclatement des savoirs et de la formation:
- En renforçant la cohérence des matières enseignées ;
- en simplifiant les parcours scolaires ;
- en réduisant le nombre des options.
22. Instaurer un système d’évaluation externe susceptible de favoriser:
- une stimulation à la liberté pédagogique : l’État définit les objectifs àatteindre, l’école s’organise pour permettre à ses élèves d’y parvenir ;
- une évaluation objective pour tous les élèves, soumis à une même épreuve.
23. Améliorer l’apprentissage des langues en favorisant la mise en place de classes d’immersion linguistique.
24. Revaloriser les filières d’apprentissage technique et professionnel grâce au développement de partenariats avec les entreprises.
25. Lutter contre la violence à l’école, tant à l’égard des enseignants que des élèves entre eux:
- en encourageant les institutions scolaires et les corps enseignants à mettre en œuvre des politiques éducatives qui suscitent le respect de l’autorité ;
- en luttant contre la banalisation de la violence (physique, sexuelle,…) dans les programmes de télévision ou sur Internet.
26. Préserver la santé physique et morale des adolescents en interdisant la vente de tabac et d’alcool aux adolescents de moins de 16 ans, ainsi que la publicité sur ces produits, et en abrogeant la loi dépénalisant l’usage du cannabis.
27. Favoriser la constitution d’équipes pédagogiques unies par un même projet éducatif. Dans ce but, permettre à tout enseignant qui le souhaite de remplacer l’actuel statut par un contrat à durée indéterminée assorti d’une augmentation salariale revalorisant sa fonction et favorisant l’évolution de carrière sur base des mérites pédagogiques.
28. Favoriser l’autonomie des pouvoirs organisateurs et des structures locales, tant dans l’enseignement libre qu’officiel. La formation de macro-entités scolaires est en effet préjudiciable aux relations de proximité nécessaires à toute structure éducative.
29. Défendre résolument le réseau d’enseignement libre, garant du libre choix des parents en matière d’éducation. Renforcer cette liberté de l’enseignement en assurant la gratuité dans tout l’enseignement obligatoire et en exigeant le respect absolu du principe d’égalité «un enfant = un enfant».
30. Financer et permettre l’accueil extrascolaire de façon égale dans les différents réseaux d’enseignement.
31. Supprimer l’obligation de mixité dans les écoles, qui porte atteinte au principe de la liberté d’enseignement.
32. Favoriser le développement des activités artistiques et sportives dans le contexte parascolaire, en partenariat avec les académies et clubs de sport.
33. Assurer le refinancement des établissements d’enseignement supérieur, universitaire et non-universitaires, ainsi que de la recherche fondamentale, la Belgique étant à la traîne des pays européen en ce domaine.
34. Remplacer tout numerus clausus en cours ou en fin d’études supérieures par un examen d’entrée pour les formations où cela s’avère nécessaire.
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