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DEVELOPPEMENT DURABLE

(Extrait du programme du 13 juin 2004)

S'engager pour un développement durable et responsable


Le souci de l’environnement a pris, ces dernières décennies, une importance cruciale et justifiée. Alors que l’humanité vivait encore il y a peu dans l’engouement sans réserve pour la technique, elle découvre maintenant que les ressources sont limitées et qu’une exploitation désordonnée et sans frein de la nature menace l’avenir de notre planète et donc de l’homme lui-même. Pollution, saccages, destruction sont des problèmes aigus dans bon nombre de régions du globe. Ils montrent que l’exploitation des ressources terrestres se révèle à long terme dangereuse, inutile et contreproductif si elle n’intègre pas la prise en compte des exigences d’un développement durable.
Ainsi l'écologie, qui était originellement la science des espèces naturelles et de leur environnement, est devenue une question économique et politique que nul ne peut plus ignorer.

Cependant, ce souci écologique peut lui-même se révéler dangereux lorsqu'il prend la forme d'une nouvelle doctrine dans laquelle la nature est considérée comme une fin en soi, réduisant l'homme à n’être qu’un instrument de conservation des équilibres naturels. Une telle vision, qui réduit l’homme à une espèce naturelle parmi les autres et dont le développement doit être régulé pour éviter qu’il ne nuise à la « terre-mère », se révèle finalement antihumaniste.

Le CDF estime donc que la nature est faite pour l’homme, mais que celui-ci est appelé à la gérer, à la faire fructifier et à la préserver. C’est pourquoi, l’objectif du développement durable de l’humanité est pour nous celui qui intègre la triple dimension de ses exigences économiques, sociales et environnementales.

Les propositions du CDF pour un développement durable et responsable

En vue de promouvoir une écologie qui assure le respect de l’environnement tout en permettant un juste développement économique et social, le CDF veut :

65. Responsabiliser le citoyen sur sa capacité individuelle à agir dans le sens du respect ou de la dégradation de l’environnement, par :
§ La sensibilisation et l’éducation à l’éco-consommation.
§ L’information sur la qualité des produits grâce à la mise sur pied d’organismes
indépendants chargés de la délivrance des labels de qualité.

66. Favoriser les économies d’énergie en améliorant la définition des normes pour écoconstruction, éco-rénovation, isolation.

67. Favoriser la recherche et le développement en matière de production et de consommation d’énergies renouvelables ou non polluantes : énergie solaire, éolienne, biomasse, diester, fusion nucléaire,…

68. Favoriser la réduction de l’usage des gaz à effets de serre. A cette fin, la commission Ampère ayant mis en évidence l’absence d’alternatives crédibles, il faut maintenir la production électrique via l’énergie nucléaire. Celle-ci seule permettra de :
§ Respecter les engagements pris à Kyoto.
§ Eviter une flambée des coûts de l’électricité liée à l’augmentation des coûts de production ainsi qu’au paiement des droits de polluer négociés à Marrakech.
§ Garantir la sécurité de l’approvisionnement énergétique de la Belgique.
§ Assurer la pérennité en Belgique d’un savoir-faire et d’un emploi hautement qualifié dans l’usage d’une technologie de pointe.
§ Garantir la compétitivité des producteurs belges d’électricité dans le contexte de la libéralisation européenne de ce marché.

69. Développer la recherche sur le traitement des déchets nucléaires.

70. Encourager la production et l’utilisation du bois
§ Dans la construction et l’ameublement, chaque m3 de bois façonné contribuant à la lutte contre l’effet de serre.
§ Comme énergie alternative à l’énergie fossile, cette solution présentant un bilan pratiquement nul en terme d’émission de CO2.

71. Supprimer les droits de succession frappant les terres agricoles et forestières. Ces biens ayant une rentabilité extrêmement faibles, l’impôt actuel est une menace directe sur la pérennité des exploitations concernées et défavorise la plantation des essences de longue croissance
nécessaires au maintien de la biodiversité.

72. Promouvoir et soutenir le système de certification européen PEFC (Pan European Forest Certification), seul système qui permette à la fois de répondre aux exigences environnementales et à la spécificité de la forêt européenne, belge et wallonne, très parcellisée.

73. Promouvoir un label fondé sur le règlement européen EMAS (Système de Management Environnemental et d’Audit), en vue d’encourager les entreprises qui cherchent à améliorer en continu leurs performances environnementales.

74. Intégrer dans l’octroi des brevets tout le cycle de vie du produit, comprenant l’ensemble des charges écologiques et sociales (son « sac à dos »). Refuser la mise en marché des brevets dont le « sac à dos » est trop élevé.

75. Promouvoir la prise en compte de tous les acteurs de la ruralité et de leurs intérêts spécifiques dans le cadre des politiques de développement rural et de protection de la nature, grâce à :
§ La création d’une cellule où les acteurs ruraux seront réellement et régulièrement entendus sur toute question relative à la mise en oeuvre de « Natura 2000 ».
§ La consultation de chaque propriétaire concerné par « Natura 2000 », de telle façon que celui-ci puisse décider librement du sort de sa propriété.
§ La création de commissions de recours chargées de régler les désaccords entre les parties concernées.
§ La prévision de moyens financiers permettant de compenser les frais, manques à gagner ou diminutions de la valeur capitale des sites concernés par les mesures de protection de l’environnement.

76. Mener une politique résolue contre les nuisances sonores, ce qui suppose de :
§ Revoir dès à présent les politiques aéroportuaires régionales à la lumière des dispositions européennes (2002/49/CE) qui seront de toutes façons obligatoires d’ici quelques années.
§ Budgéter progressivement les coûts externes relatifs aux droits des riverains.
§ Limiter drastiquement les vols de nuit.
§ Etablir une taxe aéroportuaire sur les trafics nocturnes transcontinentaux à faibles retombées économiques (rôle de station-service). Produit à affecter prioritairement à l’indemnisation des riverains.
§ Etudier des synergies envisageables avec le projet « Chièvres » en vue de résoudre le problème des vols nocturnes.
§ Garantir l’indépendance absolue de l’Autorité de contrôle aéroportuaire.
§ Etablir le cadastre du bruit sur les zones les plus larges.


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